Amours musicaux

C’est l’été, il fait beau, il fait chaud c’est donc le moment de parler de ce que tu kiffes le plus après ton chat, j’ai nommé : tes favoris ! (bon en l’occurrence les miens vu que c’est mon blog na !)

On attaque sans plus tarder par la musique évidemment et y a du lourd croyez-moi.

  • Jain : comment vous dire… je l’ai vu en concert dans un festival et c’était DE LA FRAPPE INTERSIDÉRALE. Je sais je ne devrais pas écrire en majuscule parce que ça donne l’impression qu’on hurle mais je le fais quand même parce que j’aime beaucoup #thuglifechooseme. Pour vous contextualiser un peu le délire : 18 juillet, Carhaix, Bretagne, ciel bleu sans nuage que tu n’avais pas du tout prévu, chaleur et file d’attente pour rentrer dans le festoche (oué je parle comme une beauf). Après 50 minutes de super attente sous le soleil, rythmée par les « En avant Guingamp » des bretons, on pénètre enfin dans the place to be à moitié déshydratée et cramoisie. On se dirige vers la scène d’où nous revient une superbe énergie. Et là c’est tout simplement le feu. Déjà pas mal de festivaliers attroupés devant la scène, mais pas de quoi nous empêcher d’approcher assez près (si tu as déjà fait un festival tu sais combien c’est le parcours du combattant d’avancer sans se faire assassiner). Bref Jain est une bête de scène et j’ai découvert avec grand plaisir ses musiques.
Jain - Photo : Denoual Coatleven
« Si je reviens vous voulez bien me porter ? Même si je suis dans une bulle ? »

♥ Heads up (la chanson qui te met direct de bonne humeur) ♥ You can blame on me ♥ Makeba ♥ Hope

  • S-Crew : je ne vous ai pas encore parlé de mon amour pour ce groupe ni pour Nekfeu. Il était temps. Changement radical par rapport à Jain mais je ne pouvais décidément pas les laisser sur le banc de touche ! Si vous êtes déjà aller à un concert de Nekfeu, du moins pour le Feu Tour, vous avez sûrement remarqué qu’il n’est jamais seul sur scène. Bah moi je veux vous parler des gens qui l’accompagne, y en a beaucoup je sais mais je voue une affection particulière pour le S-Crew. Ils ont sorti leur deuxième album y a un mois et demi environ et c’est juste de la bombe. Evidemment faut aimer le rap sinon tu ne vas pas trop t’enjailler. Un album hyper travaillé, qui montre bien l’évolution par rapport au précédent de 2013. La première fois que j’ai vu Nekfeu, leur album n’était pas encore sorti. Mais la deuxième fois (toujours à ce même festival) on a pu avoir un avant-goût de la tournée de Destins liés (nom de l’album). Comment vous dire que j’étais aux anges… Surtout que pour venir en Bretagne de chez moi il faut 12 heures de route APPROXIMATIVEMENT. Du coup bien obligé de se repasser en boucle l’album pour s’occuper… hehe. Très difficile de faire un choix de mes préférées de l’album parce que je les aime toutes, elles ont toutes des passages qui me font vibrer et me transcendent mais quelques-unes sortent du lot pour ma part (parce qu’elles me mettent doublement dans un état second).
  • Petite sélection oklmzer : ♥ Bresson (le genre de chanson que tu aimes tellement que tu veux à la fois la garder pour toi à jamais et la partager au monde entier) ♥ Fausse note ♥ J’aurais pas dû ♥ Jusqu’au bout (déjà une de mes préférées sur l’album Feu) ♥ C’est pas un film ♥ Plus pareil… et j’en passe tellement ! Pour vous dire, mon réveil (oui je mets un réveil en vacances parfois) varie entre toutes les chansons de l’album.
Nkefeu
Post de Nekfeu sur boobook

Je vous ferais peut-être un jour une petite compile de mes paroles préférées du monde entier.

  • Feels like we only go backwards – Tame Impala. Le genre de musique que tu peux écouter dans une voiture le nez collé à la vitre en ayant l’impression d’être dans un film ou dans le clip (dites-moi que je ne suis pas la seule svp). Assez vintage au niveau de l’esthétique de la chanson. J’aime énormément, ça me donne l’impression que tout est plus coloré, plus réel, plus lent comme si les minutes s’écoulaient au ralenti. Ces musiques me donnent le sentiment de graver en mémoire des souvenirs comme s’ils étaient filmés (en même temps vous avez vu ce clip tout droit sorti d’un univers parallèle ?!!).
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Feels like we only go backwards – Tame Impala
  • Don’t let me down – The Chainsmokers. Bon ça c’est plus les chansons de l’été que j’écoute plus trop après. Juste j’adore le rythme, les consonances et comment la musique se déroule. C’est le genre de musique que j’ai envie de chanter à tue-tête (dans la même veine que Homeless de Marina Kaye même si je chante hyper mal je ne peux pas me retenir de chanter le refrain dès que je l’entends et ça crée des situations gênantes pour moi comme pour mon entourage).
  • La Ballade du Frémont – Nekfeu feat Doums. Je ne vous fais pas un dessin quand même ? Je n’ai jamais entendu une musique qui me repose autant que celle-ci, même à 80 ans je l’écouterai encore, je vous jure les gars ! Il y a tout, un pur mélange entre : rythme posé, son qui te met en transe, voix qui te transportent, texte qui raconte une histoire. Bwef jlm alvalm (#kikoo).

Bon c’était la musique, un de ces 4 je ferai un petit update et je parlerai d’autres choses aussi, parce que y a pas que ça qui me tient à cœur (loin de là).

La bisette.

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Les Dilemmiens

Tout à l’heure, alors que je me reposais dans mon canapé après avoir fait un grand ménage dans ma chambre (tu sais, quand tu te décides enfin à jeter ce qui ne te sers plus mais que tu gardais quand même « en souvenir ») je suis tombée sur un livre consacré à l’œuvre de Caravage. J’ai été littéralement fasciné par la couverture qui n’était autre que ce tableau représentant Judith et Holopherne. Bon, en réalité il n’y a que le visage de Judith sur le livre (tout de suite moins morbide sans la décapitation).

Caravage
Judith et Holopherne – Caravage

Des couleurs à l’ambiance qui se dégage de ce portrait en passant par l’expression du visage et du jeu d’ombre et de lumière (#tropdarklemec), tout m’a semblé réel. Il faut dire que Caravage est genre le big boss en matière de réalisme. Et c’est en contemplant ce portrait que je me suis demandée comment un artiste pourrait nous peindre, nous la jeunesse actuelle. Ce qui m’intéresse ce n’est pas comment un artiste contemporain pourrait nous/me/te représenter mais plutôt comment quelqu’un d’extérieur à notre époque, d’objectif, représenterait ce qu’il voit ; qu’est-ce que Caravage ferait ressortir d’un visage de la génération Y (puisque c’est la nôtre). Comment pourrions-nous nous définir par un tableau ?

Si Caravage avait été, là, à me peindre, par exemple, j’aurais sûrement été gênée, si ce n’est dans une position d’extrême embarras. Je me serais mordu l’intérieur des joues comme à chaque fois que je réfléchis ou que je suis anxieuse. La nervosité accompagne pas mal d’adolescents et de jeunes adultes de nos jours, je me trompe ? Par exemple, j’ai peur de ne pas d’arriver à tout gérer alors que mon entourage à l’air de si bien s’en sortir. Cela parait tellement simple pour les autres, s’en est décourageant. Pourtant, j’ai l’impression que c’est le même sentiment pour beaucoup de jeunes. La peur de l’échec est pas mal présente dans les esprits de notre génération. Je préfère rester dans l’anonymat, plutôt que de me faire remarquer. Parce que oui ça aussi ça me semble assez caractéristique de notre génération, le regard d’autrui compte beaucoup trop. Ceci nous amène évidemment au problème de confiance en soi qui touche la plupart des gens. Du moins, j’en ai l’impression. Voyez, je n’ai toujours rien dit à mes amis concernant ce blog. Pourquoi ? J’ai peur de leur regard, qu’ils se foutent de moi et que ça leur paraisse ridicule. Parce que ça me paraît ridicule la plupart du temps à moi aussi et pourtant je continue quand même. Je ne me vois pas comme le porte-parole de ma génération, non loin de là ! J’ai juste le sentiment d’être à la fois la seule à me poser autant de questions et en même temps que cela concerne l’ensemble ma génération. C’est pour ça que j’en parle ici.

Finalement je suis un peu comme Caravage, une adepte du clair-obscur. Bipolaire sur les bords, en ce qui me concerne, je n’arrive pas à m’entendre avec moi-même. Ce n’est pas que je change d’opinion comme de chemise mais plutôt que j’en ai deux divergentes qui coexistent en moi. Problématique, n’est-ce pas ? Cela vient peut-être du fait que notre génération se construit pendant une période de crise et à la fois de révolution. D’où le fait qu’on soit des oxymores ambulants. Crise économique, de l’enseignement, révolution des technologies, de la science… On évolue dans une atmosphère où deux principes antagonistes coexistent. Je nous vois comme des petits puzzles qui essaient de se construire avec des pièces falsifiées et qui petits à petits trouvent des combinaisons un peu farfelues qui ne s’accordent pas toutes entre elles.

Apparemment c’est assez difficile de nommer notre génération, du coup ils ont trouvé une lettre : Y… ça veut rien dire franchement ! Selon moi c’est bien plus simple : nous sommes des dilemmiens. Un être rempli de dilemmes, de paradoxes.