Ces livres qui m’ont fait vivre

Parfois il suffit d’un simple livre pour te faire vibrer. Ce genre de livre qui te font oublier que tu ne fais pas partie de l’histoire, qu’elle ne t’est pas arrivée, que ce n’est qu’une fiction et qu’au fond ce que tu ressens n’est dû qu’à une mise en scène. Personnellement après la lecture de ce genre de livre je me sens seule, vidée de toute envie. Comme si je faisais le deuil d’un souvenir, d’un épisode de ma vie qui dorénavant appartient au passé. Un livre qui te fait vivre c’est avant tout quelque chose dans lequel tu te reconnais, dans lequel tu te réfugies, un échappatoire. C’est comme rentrer en apnée des premiers mots jusqu’aux derniers. Des mots qui soignent tes maux. On peut trouver refuge dans ce que le veux, dans ce que l’on cherche. Moi ma sous-pape de sécurité c’est le plus souvent la musique, je me noie dedans jusqu’à y perdre pied parfois. Et pourtant à chaque tournant de ma vie il y a eu un livre, à chaque moment noir où j’aurai aimé « faire taire le vacarme de mes idées noires » (FAUVE) ma béquille a été un livre. C’est pas tous les jours qu’on croise des livres qui laisse une telle emprunte sur ton âme, pour ma part je les compte sur les cinq doigts de ma main (non pas que je sois manchot).

A chaque livre son humeur. Je vais vous en présenter cinq totalement différents. Vous n’aurez que l’embarras du choix (YOUPIII) pour trouver l’épaule sur laquelle vous appuyer.

1. Les âmes vagabondes – Stephenie Meyer

Je commence évidemment par le plus connu (sûrement le plus commercial aussi) de façon à garder un peu de suspense pour la suite. Vous avez sûrement vu son adaptation au cinéma qui ne mérite pas que je m’y attarde… Enfin si je vais quand même en dire DEUX MOTS ! C’est un scandale tellement elle décrédibilise le livre. Voilà c’est tout que j’avais à dire merci de m’avoir lu A+ dans l’bus.

Non concrètement, ce livre est magique. Honnêtement, si vous cherchez à vous évader le temps de X PAGES, à rentrer dans un univers qui n’obéit pas aux lois humaines, vous avez fait le bon choix ! En gros ça se passe dans un futur plus ou moins proche dans lequel des extraterrestres (des petites larves fluorescentes) s’emparent des corps humains et tentent d’éradiquer toute humanité. Autant vous le dire tout de suite j’ai lu ce livre quand j’avais 10 ans probablement, soit il y a 8 ans. A l’heure actuelle les livres de science fiction c’est plus trop mon truc mais quand j’étais plus jeune c’était un bon moyen de mettre à profit mon imagination. Surtout que ce livre excelle dans les descriptions ; l’auteure a trouvé le juste milieu entre fournir des détails et s’en abstenir au bon moment, nous laissant le plaisir de nous imaginer l’ensemble. Je vous recommande vivement ce livre si vous avez envie de faire une pause avec la réalité, de vous plonger dans un autre monde. Entre suspense, histoire d’amour, d’amitié, tensions et guerre Stephenie Meyer nous offre un livre surprenant et bien plus mûr que Twilight (ce n’est que mon avis). Plus mûr car le sujet révèle les enjeux éthiques posés par la science de nos jours. Où se situe la frontière entre le bien et le mal ? Comment trouver le juste milieu ? Ce livre nous invite à nous questionner sur le monde dans lequel on souhaite vivre, sur ce que l’on veut privilégier.

Le petit coup de ♥ : Le rapport avec la nature mis en avant dans ce livre (descriptions qui font chavirer le cœur et l’esprit) et le récit des différents mondes qui existent par Vagabonde.

2. Lettre à mon ravisseur – Lucy Christopher

Livre publié par Gallimard dans la collection Scripto ce qui en dit en long. En effet, la plupart des livres que j’ai lu pendant ma (pré-)adolescence étaient des Scripto. C’est une collection qui répertorie des livres jeunesse dont les sujets sont pas les plus roses on va dire ! En fait, ils traitent de sujets assez graves ou importants et permettent de sensibiliser le jeune public à certains dangers, certaines situations contemporaines… Du moins c’est comme ça que je l’analyse. ANYWAY. J’ai lu ce livre quand je devais avoir 13 ans la première fois, peut être 14 je sais plus trop. En tout les cas il m’a énormément marqué, je l’ai relu il y a quelques années et il m’a fait le même effet (soit pleurer comme une madeleine après l’avoir terminé et vivre pendant 1 semaine avec un voile de tristesse autour du cœur et de l’esprit). En voici la couverture.

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Ce livre retrace l’histoire d’une jeune fille kidnappée et séquestrée dans le bush australien. Là encore les descriptions de paysages sont plus qu’évocatrices ! A elles seules elles peuvent te happer et te faire rêver pendant des années. Je signale quand même que depuis je prévois d’aller faire un trek dans le désert austère australien peuplé de bêtes peu sympathiques en tout genre ! Les paysages dépeints m’obsèdent et l’image que je m’en suis fait m’enveloppe comme une douce couverture dès que j’y pense. Malgré l’histoire sordide on finit par s’attacher au kidnappeur et c’est le point clé de ce livre. Au delà de traiter d’un kidnapping, il évoque le sujet bien plus complexe du syndrome de Stockholm. Vous ne savez pas ce que s’est ? C’est tout simplement un phénomène psychologique qui peut frapper certains otages après une longue période de détention leur faisant éprouver une empathie ou sympathie pour leur ravisseur.

Dès les premiers mots l’auteure nous harponne, j’ai directement accroché avec son style d’écriture, le déroulement des phrases, la musicalité de celles-ci quand elles faisaient écho dans ma tête. Ce livre recèle une vraie richesse, il invite à s’interroger sur les interactions et les liens qui unissent des personnes, sur notre rapport à la nature et évidemment sur ce qui est légitime ou pas.

Le coup de ♥ : La scène de peinture dans l’atelier sur le bush.

3. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

J’ai lu ce livre pendant l’été 2013 alors que j’étais au Vietnam et je me rappelle parfaitement avoir été bouleversée après en avoir terminée la lecture. Le fait que l’histoire soit racontée par une enfant, Scout la fille d’un avocat, nous aide à nous plonger dans le roman. Sous couvert de raconter les jeux des enfants et de narrer un procès sur une affaire douteuse, ce livre témoigne avant tout du racisme ambiant dans les années 30 pendant la Grand Dépression aux Etats-Unis. Entre corruption du système judiciaire, xénophobie et innocence de l’enfance, cette oeuvre retrace la complexité de la vie et des décisions pour chacun des protagonistes. Étudié dans bon nombre d’écoles américaines en tant que roman d’apprentissage, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur a reçu le prix Pulitzer en 61 juste un an après sa sortie. En plus de nous renseigner sociologiquement sur l’Amérique des années 30, c’est aussi un très bon roman pour comprendre la complexité de la psychologie humaine. Et en plus il en ont fait une adaptation ! Plus d’excuses !

Le coup de ♥ : Le personnage de Scout et de Boo.

4. Sauvage par nature – Sarah Marquis

Récit « autobiographie » de l’aventurière suisse Sarah Marquis sur son (TRES) long périple de la Sibérie à l’Australie, le tout à pied (ça t’en bouche un coin non ?). En tant que grande rêveuse et personne qui voue un amour infini aux voyages je ne pouvais qu’aimer ce livre. Déjà le principe m’a directement attirée : récit de VOYAGE, fait par une voyageuSE seule, le tout en ASIE et à PIED. C’est bien simple tous les ingrédients sont réunis pour en faire une pépite. Déjà elle se lance un sacré défi pasque ça fait une trotte de traverser l’Asie jusqu’à l’Australie à pied. Qui plus est seule… Je lui tire ma révérence et j’aimerai devenir comme elle plus tard. Réussir à voyager seule en tant que femme en Asie et à pied, je vous garantis que c’est pas une mince affaire (faut que je me calme avec les expressions toutes pourries) ! Qui plus est son trek se passe en Asie qui est, je peux le dire, le continent qui me fait le plus de l’œil (OK j’arrête promis !). J’ai eu la chance d’y aller deux fois. Et même si c’était des cultures et des pays totalement différents, il y a quelque chose en Asie qui nous fait nous sentir chez soi. Alors forcément j’étais particulièrement touchée de découvrir à mesure du livre d’autres contrées asiatiques où je rêve de mettre les pieds depuis (encore plus qu’avant). J’ai prêté ce bouquin à une amie très chère à moi, qui va partir en Mongolie et elle m’a dit que c’était vraiment un livre à lire (d’ailleurs rend le moi la prochaine fois mdr). Et ce livre ne pouvait que me plaire vu que son voyage se termine (SPOIL) dans le bush australien ;).

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C’est beaaaaau !!!

Le coup de ♥ : Le recul qu’elle a sur certains événements plus ou moins dangereux qu’elle a rencontrés et la connaissance des différents milieux et terrains où elle va marcher.

5. Martin Eden – Jack London

Comment pouvais-je ne pas parler de ce roman ? Comment ? Je vous avoue direct, j’ai eu envie de le lire grâce à la chanson Martin Eden de Nekfeu et le moins que je puisse dire c’est que je n’en suis pas déçue. Donc merci Nekfeu et surtout merci Jack London ! J’ai rarement lu un livre aussi aboutit, beau, emprunt de réalité et de poésie. J’ai été surprise par l’écriture de London qui m’a profondément touchée et bercée tellement les mots avaient une belle résonance, musicalité et aussi car certains passages étaient si philosophiques. Je me suis reconnu dans la manière de penser de martin et en même temps je n’étais pas d’accord avec lui. Et c’est cette ambivalence qui m’a fait me sentir proche de London ; car ce livre est décrit comme son chef d’oeuvre, celui dont le protagoniste contient le plus de similitudes avec l’auteur et aussi celui qu’il a toujours refusé de considérer comme son « autobiographie ». Evidemment qu’ils ont des points communs, on s’en rend compte de plus en plus au fil du roman et grâce à la préface (très réussie d’ailleurs ! ). Cependant London se distingue de Eden par sa foi en l’humanité. Et c’est pourquoi je me sens plus proche de London que de Martin Eden. Néanmoins ce roman est un chef d’oeuvre. Je sais j’emploie ce mot pour pas mal de choses au final. Mais croyez-moi, je mise tout sur ce livre. J’ai déjà hâte de me relire alors que je l’ai lu cet été !

Les coups de ♥ : La description de Ruth faite par Russ Brissenden avec tant de clairvoyance. La dernière phrase du roman qui me fera vibrer à vie.

Bon j’espère vous avoir convaincue de lire un de ces ouvrages, quant à moi je file voir un spectacle de danse ! Ce soir c’est Bouba Landrille Tchouda avec son spectacle Boomerang.

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