Playlist de la patate 🎉

Ok, écoute moi bien. On est officiellement en décembre ce qui signifie 3 choses :

  • Tu vas pouvoir enfin bouffer les chocolats de ton calendrier de l’avent que ta maman t’as achetée avec amour.
  • Tu vas rencontrer des membres insoupçonnés de ta famille pendant les fêtes
  • Tu vas pouvoir t’empiffrer en toute impunité morale (et ça c’est cool)
  • (bis) Cette liste tourne quand même beaucoup autour de la bouffe vous trouvez pas ?

Mais ce que tu ne réalises pas encore c’est que c’est un moment de bonheur intense le mois de décembre. Même si tu galères encore avec l’administration de la fac, que tu rencontres de (LÉGERS) problèmes sur un dossier pasque tu t’es mis avec des branleurs, que tu rattrapes des cours jusqu’au 22 décembre etc. Tout va bien car tout ça est bientôt ter-mi-né ! (pour recommencer dans quelques semaines). Oui oui, qui dit décembre dit fin du semestre (évite de penser aux partiels en janvier, tu vas niquer l’ambiance).

Comment ça t’as pas le moral ? Oui je sais bien, il fait un peu froid pour s’ambiancer. C’est cousi-cousa, un coup ça va, un coup tu veux pas sortir de ton lit si douillet. Tata a le remède pour toi ! Et après ça je suis sûre que ça va aller mieux. Voilà ce que je te propose, écoute ce que je t’ai concocté et si vraiment tu l’sens pas prend du magnésium, faudrait pas déconner.

1. The Kinks – All Day and All of the Night

Alors si ça, ça te chauffe pas un peu ?! Allez sors de ton lit, je t’en supplie ! Comment ça c’est un peu vieillot ? J’ai jamais dit que j’allais te sortir du son so 2016. Bon d’accord, je vais faire un effort pour la prochaine.

2. Indochine – 3ème sexe

Non je déconne, t’as vraiment cru qu’on allait sauter les étapes comme ça ? Allez remue-toi sur celle-là, je t’assure c’est pas has-been ! Comment peut-on résister à un groove pareil ? (rappel : plus jamais dire groove). Par contre les coupes mulets c’est no-way, je préfère le préciser au cas où certains d’entre-vous seraient tentés.

3. The Sonics – Have love will travel

Alors là aucune excuse ! Je veux que tout l’monde bouge ses fesses, qu’les fe… Ah non oubliez vous savez quoi. Faites ce qui vous chante tant que vous êtes entrain d’hurler seul(e) dans votre 20m² loi Carrez. Si vous tapez juste du pied vous êtes sur la bonne voie. No stress

4. Fleur East – Sax

Cette musique c’est un peu comme si tu mangeais un bonbon avec de la poudre acidulé dedans. Mais si tu vois desquels je parle ! Ceux qui ont une enveloppe style un ostie mais en fait c’est la mort à l’intérieur. Tellement la mort que tu verses une larmichette. Même le clip il est acide.

5. Naâman Ft. Cutty Ranks – Rebel for Life

On finit par une musique qui, je suis sûre, vous enivrera de son flow ou au moins vous fera rebondir sur les soucis. Elle peut faire office de « remonte moral », de « bonheur imminent » et bien évidemment de « Fichtre ! Que cette chanson me donne un coup de fouet ! On dirait mon café de 7h30 ». Si après ça t’es pas sur ton nuage pour la journée, franchement je saurai plus quoi faire de toi.

Voilà voilà c’était une petite playlist, j’espère de tout cœur qu’avec ça vous êtes parés pour passer le meilleur mois de décembre de votre vie et tous le reste de l’hiver !

PS : Et comme je suis quelqu’un de gentil et que c’est mon heure de bonté, je vous en glisse une petite 6ème.

6. The Jackson Five – Can You Feel It

PPS : En vrai te gave pas trop de chocolats après tu vas faire une crise de foie… Et n’oublie pas de mâcher les huîtres. Simple conseil d’ami.

Publicités

Roi des montagnes

Ladakh, mon beau Ladakh.

Après plus de trois mois je me résous enfin à t’accorder ses lignes. C’est peut-être le recul qui me permet de te dédier cet article, je ne sais pas. Perdu dans l’immensité de l’Inde, tu échappes pourtant à toute sa cacophonie, à toutes ses odeurs que je me suis tant de fois imaginées. Je m’étais préparée tu sais. Je n’allais pas en Inde pour moi, tu étais bien à part, bien distinct. Et pourtant je ne m’étais pas imaginé un seul instant que tu serais en tout point différent du reste de ton pays.

Ladakh, les mots me manquent pour te décrire aujourd’hui. J’ai l’impression d’échouer, de faillir à ma tâche. Tu m’as tant apporté et j’échoue à te rendre la pareil. Mon vocabulaire me parait si pauvre. Aucune tournure de phrase n’arrive à te rendre ta grandeur. « Il faut le voir pour le croire », je n’ai que ça en tête, le « croire » ou plutôt le « comprendre », le vivre ; placer la bonne image mentale derrière les mots. Les mots, ces mots qui par leur définition même ne permettent pas la retranscription de ce que j’ai éprouvé. Comme l’a dit Bernard Verber : « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez en comprendre et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre ». Alors tu vois, j’ai juste l’impression de te causer du tort. Que cet article ne sera jamais assez parfait à mes yeux, qu’il ne suffira pas. Car parfois il vaut mieux se passer de mots.

Ladakh, ça va pas fort en ce moment. Tu m’avais permis de faire la paix avec moi-même, de me (re)trouver. Je n’arrive pas à savoir si tu as affirmé qui j’étais ou si tu m’as transformée à tout jamais. Car tu m’as tant appris ! Sur moi, sur les autres, sur la vie… Il est de ces endroits et de ces personnes qui te marquent à jamais. Il est de ces moments qui retournent tout ton être, qui sont gravés dans ta mémoire. Tu m’en as tant offert et je suis fière d’avoir su les saisir. Je me les repasse en boucle dans ma tête comme un vieux mantra qui réparerait les maux. Ladakh, mon roi des montagnes, j’ai tant à te dire. Au moment où j’écris ces lignes tu dois doucement t’endormir, lové dans un grand manteau blanc. Que j’aimerais être là pour t’admirer, te respirer, te sentir guérir à nouveau mon cœur, ma tête, mon âme. Ladakh, je te vois d’ici entrer en hibernation, délaissé et lassé de tes touristes et de tes guides reconvertis en vendeurs à la sauvette sur les plages indiennes bien au sud. J’entends encore les klaxons des bus TATA si mélodieux. Ils retentissent sur tes routes escarpées ! Je sens encore la poussière imprégner un peu plus mes vêtements, mes cheveux et ma peau à chaque seconde. Je vois encore les visages rieurs et ridés sur une peau tannée.

Ladakh, c’est par tous ces détails que tu m’as conquise. C’est par tes routes sinueuses à flanc de falaises, c’est par tes sommets suspendus entre ciel et terre, c’est par tes déserts de pierres aux mille-et-une couleurs. C’est par la générosité de tes habitants malgré la pauvreté évidente, c’est par ta sagesse et les situations hilarantes entre locaux et occidentaux. C’est par la folie des grandeurs de ta nature et la bienveillance d’un regard, que tu m’as eu. Ladakh, ton air montagnard vif me manque, tes couleurs indescriptibles et changeantes me manquent. Ta lumière qui caresse mes yeux, me manque. Tous tes paysages qui se muent à mesure que le soleil déverse plus ou moins doucement ses rayons, frappant la roche de tes montagnes scintillantes, me manquent. Tes eaux limpides et miroitantes me manquent. C’est dur de ne plus t’admirer chaque jour.

Oh tu m’as tant appris. Je sais désormais que par la volonté, des projets peuvent se monter, que l’altruisme est la clé de tout. Que des touristes peuvent se croire aventuriers mais que n’est pas voyageur qui veut. Tu m’as appris qu’on ne cesse jamais d’apprendre. Ladakh, j’ai tant à dire sur toi. Je t’ai observé une dernière fois du hublot et quelque chose s’est effondré en moi, doucement. Quand je t’ai vu t’étirer sous moi, te réveiller avec le soleil déjà bien présent au petit matin. Quand je t’ai vu te pâmer de ces couleurs qui pendant un mois ne m’avaient pas quittées. Quand j’ai vu se déployer tes routes menant aux monastères déjà foulés par mes pieds. Oh quand j’ai vu tout cela j’ai senti au plus profond de moi qu’on m’arrachait à toi. J’ai perdu ou plutôt j’ai laissé un morceau de moi avec toi là-haut, si-haut. Je ne reviendrai pas le chercher, je ne viendrai que le retrouver.

Et même si c’est encore dur de grandir sans cette fraction de moi, je la sens qui vit avec toi. Je sens une partie de mon être qui bat avec toi et c’est la plus belle chose que je pouvais te donner contre tout ce que tu m’as apporté.

DCIM100MEDIA