Sauvagerie

« Sauvagerie (subst. fém.) : Condition des hommes antérieure à la civilisation dite évoluée. – CNRTL »

Jeudi soir dernier je suis allée en boîte avec mes amies. Ça faisait un an que je n’y étais pas allé. Il faut dire que les deux seules fois où j’y étais allée, l’ambiance était pas folle, le DJ pas fou du coup inévitablement je n’en avais pas un souvenir mémorable au point de vouloir participer à chaque soirée étudiante. Et puis j’ai l’impression qu’à chaque fois ça me fait le coup : je pars de l’appartement je suis à fond avec mes potes, puis une fois arrivée à la boîte les effets de l’alcool se dissipent miraculeusement et je réalise que de 1 ça pue (alcool, transpi’, vomi si t’es chanceux), que de 2 je n’aime pas la musique de boîte et que de 3 on est tous beaucoup trop collés à des inconnus pour que ce soit agréable.

Et pourtant jeudi soir j’y suis retournée, en soirée STAPS qui plus est ! Vous voyez les soirées STAPS on compare souvent ça au must have, en gros il faut en avoir fait une pour comprendre ce que c’est qu’une soirée étudiante. Dans un élan de folie j’ai accepté d’y aller avec mes amies – j’insiste sur le amiEs-. Et je n’ai pas regretté loin de là, tout était super et mon alcoolémie a conservé un bon taux pendant très longtemps ce qui m’a permis d’oublier tous les petits détails cités plus haut.

Cependant, il y a un truc qui m’a dérangé, profondément. Vous voyez, je sais très bien ce qu’il se passe dans les boîtes, je ne suis pas aveugle. Il est très facile de déceler le comportement d’un Homme lorsque ses pulsions de vie (coucou Freud) le prennent. Et parfois, cet être humain, qu’il soit de sexe masculin ou féminin est trop aveuglé par ces dites pulsions pour voir que l’être humain en face de lui n’a pas du tout cédé à ses pulsions de vie, lui. Alors oui des quiproquos sont vite arrivé, et cela n’a rien de méchant, ça ne blesse personne en temps normal, il suffit juste d’établir une discussion claire et nette sur vos intentions mutuelles. Bref, là n’est pas le sujet. Le point où je veux véritablement en venir c’est quand, un individu cède a ses pulsions de vie sans penser aux conséquences et dans le seul but de ses satisfaire rapidement.

Jeudi soir, pour ma part c’était un jeune homme. Je dansais tranquillement dans la foule avec mes amies. Non je n’étais pas sur un podium, non je n’avais pas une mini-jupe, non je n’aguichais personne et quand bien même ! (qu’on arrête un peu avec la moralisation de la victime sous prétexte qu’elle avait un comportement qui l’avait « cherché », ça va me rendre folle). J’ai soudain senti quelqu’un me mettre une main aux fesses. Mais ce n’était pas une simple main, c’était encore pire. Déjà lorsque qu’un inconnu se permet de toucher ton corps d’une manière inapproprié c’est inacceptable mais alors là c’était la première fois que je vivais ça. Le plus triste c’est que j’en viens à hiérarchiser des mains aux fesses mais passons…

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Never do that again

Généralement je ne réagis pas à ce genre d’attouchement (oui s’en est), au final c’est rentré dans la norme. Tu vas en boîte tu es susceptible de te faire toucher les fesses et c’est tout ! (malheureusement). Mais là, c’était plutôt une fouille corporelle plutôt qu’une main. Je me suis tout simplement fait palper sans pression au milieu d’une centaine de personnes. Et je peux vous dire que lorsque quelqu’un vous touche comme si vous étiez sa propriété, comme si vous étiez qu’une vulgaire poupée gonflable, ça fait drôle, très drôle. Tu te sens agressé, que ce soit une main au cul ou plus grave encore, parce que ton corps t’appartient à toi et qu’on vient de le toucher sans ton putain d’accord.

Perso si j’avais eu plus de courage je me serais retourné pour lui en mettre une en plein milieu de la boîte. Et d’un côté je suis contente de ne pas l’avoir fait car comme ça je ne lui accorde pas l’importance qu’il ne mérite même pas. Mais d’un autre… bordel pour qui il se prend ? Ça m’énerve au plus haut point ce genre de comportements si répétitifs qu’on s’y habitue parfois. A croire que c’est devenu normal…

Alors la prochaine fois je serai plus intelligente et au lieu de succomber à la folle envie de lui foutre ma main dans la gueule, je lui décrocherai mon plus beau regard détaché-condescendant en ajoutant juste « T’es tellement pathétique ». Tu vois le genre ? En plus avec un peu de chances ces petits copains assisteront à la scène et ça, ça n’a pas de prix. Le mépris est le meilleur des traitements, particulièrement pour ce genre de choses. Tu restes digne même si au fond de toi tu as envie de hurler.

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PS : Par contre si il commence à être insistant là c’est mon poing direct 🙂

4 plus ou moins bonnes astuces pour courir

Avec ce titre racoleur je t’ai alpagué j’espère ! En vrai, avant je détestais la course à pied. J’ai couru 10 minutes autour d’un lac et j’ai décidé du sort de ce sport en 1 fraction de seconde : pas pour moi, rendez-moi mes 10 minutes bordel ! Et cette année, après quelques essais… j’y ai pris goût. Comme quoi tout le monde peut changer d’avis, même moi la fille la plus butée du monde en matière de sport.

Alors si toi aussi t’en as marre que tous tes potes te disent que c’est comme une drogue après, que t’es le ou la dernière de ta bande à ne pas courir : voici 5 astuces pour toi 🙂

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C’est rigolo mais sans intérêt
  1. L’énergie à revendre

C’est tout con mais ce qui m’a vraiment motivé ça a été la possibilité d’expulser toute mon énergie dans un sport pendant un certain laps de temps. En début d’année, j’ai pris une décision assez radicale et dure à assumer ce qui m’a fait pas mal de peine et de stress. D’ailleurs le stress je l’emmagasinais depuis quelques mois lorsque je réfléchissais à cette décision. Du coup comme je ne pouvais pas hurler et tout extérioriser en pleine ville, j’ai dû trouver un autre moyen. Et ce moyen ça a été la course. Déjà qu’il faisait chaud à Lyon en septembre mais alors pour quelqu’un qui a dû mal à courir c’était l’apocalypse. Et c’est là que j’ai développé des stratégies : comme je bossais mes cours et la fac la journée je ne pouvais pas courir et je me chargeais d’énergie et de stress. Et ce n’est qu’à la fin de la journée, après que la chaleur soit retombée, mes cours laissés de côté que je sortais et courais. C’était comme une délivrance, je rentrais il faisait nuit, j’avais chaud et je pouvais apprécier pleinement ma douche bien méritée et ma petite salade de tomate/mozza.

  1. Ballec du rythme

Non en vrai pas ballec totalement parce que c’est important. Mais je sais que je ne pouvais pas supporter les gens qui me disait « Trouves ton rythme nieunieunieu » et j’en passe. Ce genre de phrase, souvent prononcées gentiment mais interprétées haineusement sont ton pire ennemi. Les coureurs donnent l’impression d’avoir réponse à tous tes problèmes de courses à pied. Un coup c’est que tu ne montes pas assez les genoux, de l’autre parce que tu inspires pas de la bonne manière etc. Ils ne nous donnent pas le temps de souffler ceux-là ! Et pourtant, quand je me suis mise à courir je l’ai dit à personne histoire de pas me faire emmerder par les conseils qui me passent par-dessus la tête lorsque j’essaye juste de survivre à 15 minutes de course. Et au final mon rythme je l’ai trouvé tout seul, enfin il s’est trouvé lui-même, je n’en n’avais même pas conscience. C’est comme ce qu’on te dit sur l’amour : « Ça vient quand tu t’y attends le moins », tout pareil pour le rythme et le souffle : tu ne t’en rends même pas compte.

  1. La playlist de la mort(adelle)

Autant vous dire que sans ma playlist « Running » je ne courrais pas (oui j’ai appelé ma playlist de course « Running », pendez-moi). Il n’y a que ça qui me motive… et aussi la destruction de ma cellulite qui fond très vite dès que je garde un rythme de 1H de course par semaine voir 1H30. Mais là n’est pas le sujet !

La clé de la motivation c’est le son que tu vas envoyer dans tes oreilles via tes écouteurs ou ton casque. C’est aussi simple que ça, si tu mets une musique un peu molle ça va pas de donner envie de traîner ton vieux corps sur quelques kilomètres. Tandis que si tu mets un bon son bien pêchu, c’est garanti que tu courras plus de 15 minutes. Déjà parce qu’il est prouvé que certaines musiques avec des basses assez fortes (ça fait un peu oxymore qui comme ça) accélères ton rythme cardiaque et donc ton corps entier va se cadencer au rythme de ta musique. C’est d’ailleurs pour ça que quand tu entends Uptown Funk de Bruno Mars tu peux pas t’empêcher de remuer les doigts ou taper du pied.

Perso j’écoute des musiques encore plus motivantes. Tu vas retrouver deux genres principaux dans ma playlist de course à pied : le rap et l’electro. Pour ce qui est du rap j’ai ma préférée évidemment : Jusqu’au bout – S Crew. Déjà les paroles sont ultra motivantes et puis le son en lui-même envoi du pâté quand tu cours ou fait du sport 🙂 Et pour l’electro c’est incontestablement On my Mind de Don Diablo. L’idéal c’est d’avoir une playlist remplie de titres qui vous donnent direct envie de bouger ou de foncer tête baisser en mode « laissez-moi passer ! ».

N.B : Vous serez gentil de ne pas mettre à fond et faire attention à son environnement !

  1. Ne te compare pas

Personnellement avec la tendance healthy sur YouTube et Instagram j’ai vite remis en question mon mode d’alimentation et mon rapport au sport. Grave erreur je vous le dis ! Cela n’a fait que me créer des complexes, des questionnements débiles etc. Alors que je mangeais varié, bio, sain et tout, je me suis mise à juger ma consommation sur des critères qui m’étaient imposés par les tendances actuelles. Et au final ça ne m’a jamais aidé à me mettre au sport. Du coup c’est quand j’avais envie de me recentrer sur moi-même et me découvrir que j’ai vraiment commencé à courir. Non pas parce que tout le monde autour de moi le faisait, non pas parce que c’était mieux pour mon physique ou quoi. Juste parce que j’avais envie de me dépasser et de découvrir de nouvelles sensations. Et maintenant je ressens le besoin d’aller courir quand j’ai trop de pression ou quoi. Donc si je dois vous donner un dernier conseil c’est : ne vous comparez pas, faites ça pour vous et vous seul(e).

Après, chacun a ses techniques, ses sources de motivations. Personnellement je sais que regarder des filles en bikini sur une plage sur Instagram ne va pas m’aider à me bouger le cul mais plutôt me faire sentir mal. Chacun est maître de son corps.

13 reasons why

Il y a une semaine, allongée comme un déchet sur mon lit j’ai commencé le nouveau bébé de Netflix, je parle bien sûr de la série produite par Selena Gomez : 13 reasons why. Ça faisait déjà un moment que j’avais vu le teaser et que je l’attendais. Et comme j’avais du temps libre en ce long dimanche lyonnais pluvieux, je me suis lancé. Sans vous mentir j’ai engloutit 5 épisodes d’affilé, chacun d’environ 55 minutes. Autant vous dire que j’ai accroché, un peu, juste un peu…

Pour vous contextualiser un peu, la série tourne autour du suicide d’une jeune lycéenne et des 13 cassettes audio qu’elle a laissées. On suit le dérouler des cassettes via le personnage de Clay, un lycéen introverti et un peu asocial. On comprend vite que lui et Hannah, la fille qui s’est suicidé ont eu une histoire assez compliquée. Chaque cassette est dédiée à un lycéen en particulier qu’elle accuse d’être la cause de son suicide. On comprend au fil de la série que plusieurs histoires s’entremêlent et que les relations sociales entre adolescents sont parfois cruelles, vraiment. Les cassettes sont passées d’un personnage à l’autre pour que chaque « raison » du suicide d’Hannah prenne conscience de ses actes et des conséquences qu’ils ont eu sur la vie de l’adolescente. On comprend dès le début que Clay est le dernier des 13 à écouter les cassettes.

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Clay et Hannah

Vous l’avez sûrement compris avec le nombre d’épisodes engloutit en une après-midi, cette série m’a directement parlée. Même si Netflix m’a habitué à une esthétique très spéciale pour chaque série depuis quelque temps avec leurs nouveautés, celle-ci ne mise pas sur ce côté-là. Ce qui m’a touché dans cette série c’est le personnage de Clay dans lequel parfois je me reconnais mais surtout celui d’Hannah, avec lequel j’ai quelques similitudes. Pas de soucis, je ne pense pas au suicide mais je me retrouve dans son parcours et l’évolution de sa psychologie. Cette série est tellement humaine, elle dépeint la réalité des relations adolescentes, la complexité de l’évolution humaine, la difficulté de la vie. Il y a aussi la bande sonore qui est juste géniale. En gros c’est tout ce que j’aime rassemblé en 13 épisodes. J’ai parfois l’impression que certaines musiques sont cousues à la narration. Tout colle parfaitement. (Mention spéciale pour l’artiste Hamilton Leithauser)

Ce qui m’a réellement surprise aussi c’est la promotion de cette série. Selena Gomez en a fait part sur son Instagram, Netflix a lancé un teaser plus qu’alléchant où on a qu’une envie c’est de savoir ce qui est arrivé à Hannah Baker. Mais le plus surprenant c’est la plateforme mise en place par Netflix et les colis qui ont été envoyés aux influenceurs. En gros, Netflix a mis en place un site où il rassemble l’interface du téléphone portable d’Hannah avec toutes ses photos, ses messages, ses contacts etc. On peut même appeler les numéros ! Pour ce qui est des influenceurs, Netflix a envoyé à certains un colis avec un vrai smartphone, un chargeur sur le même principe que le site.

En bref, si vous avez entendu de 13 reasons why et que cela vous a interpellé, foncez la voir. l’humain dans toute sa magnificence et sa monstruosité. Âmes sensibles s’abstenir et je rigole vraiment pas en disant ça.

Bouffée d’air

Il y a de ça 1 an et demi j’ai commencé à pratiquer la plongée en club avec un ami. J’étais dans une période ma vie assez spéciale. Je commençais à remettre beaucoup de choses en question, à m’interroger sur l’année à venir, celle du Bac, la fameuse !

Pour comprendre un peu mieux, j’ai grandi dans une maison en face d’un lac. Et quand je vous dis en face c’est que je faisais 50 mètres et je me retrouvais à piquer une tête. L’eau a donc toujours été un élément à part pour moi. J’ai appris très tôt à nager, l’été je passais la moitié de la journée dans l’eau, en bref c’était ma safe zone. Un endroit dans lequel je me sentais parfaitement à l’aise et où je semblais appartenir. Je suis sûre que vous avez une connexion forte avec quelque chose, qu’il vous définit en quelque sorte, que vous avez dans la peau. Pour certains c’est jouer d’un instrument, d’autres c’est la peinture ou le chant, pour moi c’était être dans l’eau.

J’ai donc décidé d’apprendre à plonger histoire de me rapprocher encore un plus de cet élément. J’ai effectivement appris à plonger, dans une piscine, puis dans un lac, puis dans la mer, puis dans la nuit. Et à chaque fois que j’enfilais mes palmes, que je sentais ma combinaison se gonfler, j’avais l’impression que l’eau m’engloutissait littéralement. Que je ne faisais qu’un avec elle, qu’elle était le prolongement de mon corps. Et je suis sûre que si vous avez cette forte connexion avec quelque chose vous comprenez parfaitement ce que j’essaye d’expliquer. Les sensations sont justes différentes. Un musicien va apprécier sentir vibrer son corps à mesure que le son se déverse. Pour moi, c’était sentir mes sens à la fois s’aiguiser et se calmer, c’était entendre la musique de chaque bulle qui remonte à la surface, c’était désobéir aux règles terrestres et appartenir l’espace de quelques minutes au monde marin. Et c’est ce sentiment d’appartenance qui me manque chaque jour. Parce que la plongée c’est un sport (si si faites en vous comprendrez) individuel qui se pratique en commun. Tu ne peux pas plonger seul, alors tu fais forcément partie d’un club. Et lorsque tu commences à partager des moments aussi intimes que ceux-là, inévitablement tu crées des liens très forts.

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Pourquoi « intime » ? Parce que déjà tu vas dans un élément qui n’est pas naturel pour ton corps, auquel tu n’es pas fait. Et quand tu te rends compte qu’avec toi il y a 2 ou 3 personnes qui voient ce que tu vois, sentent ce que tu sens, une connexion se fait. Ensuite il y a aussi une question de confiance. Quand tu plonges, tu veilles sur les autres et ils font de même. Tu mets ta vie entre les mains de ceux qui t’accompagnes. Et c’est ce qui fait que tu partages des moments indescriptibles avec ces personnes.

Alors quand j’ai dû quitter tout cela pour partir vivre et étudier à Lyon, ça a été un déchirement. Et quand j’ai cherché à replonger avec un club lyonnais j’ai vu que l’alchimie n’était pas présente. Que mon ancien club était comme une famille et que ce n’était pas de si tôt que j’allais pouvoir retrouver toutes ces sensations si familières.

Alors j’ai hâte, hâte de pouvoir un jour plonger à nouveau. Hâte d’entendre ma respiration de Dark Vador, de galérer à enfiler ma combinaison, de me les geler dans un lac à 7°… Si vous saviez comment cela me manque. Quand je plonge c’est comme si je me révélais à moi-même, et c’est sûrement les moments où je suis le plus moi. Juste un corps et un esprit enfermé à l’intérieur qui s’échappe par des bulles.

Je vous souhaite à tous de connaître ce sentiment de plénitude que ce soit dans n’importe quelle activité. Faites ce que vous aimez et ce qui vous rapproche le plus de vous même. C’est comme un miroir, la réalité ne te permet pas toujours d’être entièrement toi, et si une quelconque chose peut te faire toucher ton reflet fait le, fonce.

Société complexée complexante

« Sans aucun complexe la la la la ». Ouais bah non il ne suffit pas de chanter pour que tout s’envole par magie, je suis désolée.

Sur cette introduction pleine de joie et de bonne humeur je voudrais aborder un sujet qui me tiens à cœur (héhé ça rime), vous l’aurez compris dans le titre : les complexes. On connait tous quelqu’un qui se lamente sur la taille de ses hanches, ou de son nez, si ce n’est pas nous ! Moi-même j’ai longtemps complexé sur la taille de mes pieds, puis sur mes genoux, en passant aussi par mon postérieur…

Et c’est par là que je veux commencer. Un complexe n’est jamais fixe. Jamais. Ça a commencé par mes genoux, puis mes pieds etc. Et parfois ça passe d’une partie de mon corps à une autre. Donc déjà commencez à vous dire que c’est une fixation mentale bien plus qu’une anomalie physique. Déjà il n’y a pas d’anomalie selon moi, enfin ça n’existe pas. L’anomalie peut se définir déjà par la composition du mot en lui-même. Anomalie fait référence à quelque chose qui s’écarte de la norme. Or, il n’y a pas de norme physique, du moins la seule serait d’avoir deux yeux, un nez, une bouche, des oreilles, 4 membres qui poussent de notre tronc et basta ! C’est comme cela que l’être humain est constitué dans sa première forme. Alors, mis à part des handicaps physiques qui, là, certes n’auraient pas dû se produire au moment du développement du fœtus (oui je remonte aussi loin), il n’existe pas d’anomalie physique. Attention, je ne suis pas en train de dire que le handicap physique est une hérésie, quelque chose de dégoûtant etc. Non je parle d’anomalie au sens biologique simplement. Et ça ne veut en aucun cas dire que les handicapés physiques sont dispensés de cette règle des complexes. Selon moi il n’y a pas de quoi avoir honte ou être complexé par notre corps. Notre corps est l’enveloppe de notre âme. Imagine un peu que je prenne ton âme et que je la transpose dans un caillou, ou une feuille d’arbre, comme ça en un claquement de doigts, c’est pareil. Même si notre corps est notre apparence physique, la seule forme visuelle que quelqu’un peut apercevoir de nous-même, ce n’est pas votre être dans votre entièreté. J’insiste !

Donc maintenant que tu sais qu’il n’y a pas de raisons rationnelles et naturelles d’être complexé(e), passons au côté artificiel : les standards de beauté. Depuis la nuit des temps il existe dans standards de beauté, c’est aussi vieux que la présence de l’homo sapiens socialisé sur cette Terre. On a tous en tête les canons du Roi Soleil : peau pâle, joues roses, mouche sur la joue et beaucoup de formes. Ça n’a plus rien à voir avec ceux d’aujourd’hui ! Ça me désole profondément de voir que ces standards établis sur des conventions artificielles prennent le dessus sur la majorité de la population. Dans notre société de consommation hyper-mondialisée, il est tellement facile d’absorber bêtement l’influence de certaines personnes. Et les plus gros responsables sont les réseaux sociaux. Instagram, par exemple, diffuse les photos de millions de personnes chaque jour. Et pourtant qu’elles sont celles qui vont être le plus vues ? Celles qui correspondent aux critères établis par certain(e)s influenceurs(ses). On assiste à une vaste hiérarchisation des valeurs physiques : il faut avoir la taille de plus en plus fine, les fesses de plus en plus bombées et les lèvres de Kylie. Ô désespoir quand je vois toutes ses personnes faire des fixettes sur leur attributs physiques parce qu’elles ont été assaillies, limites harcelées, par ces images parfois retouchées de stars. Ça m’agace de voir que le diktat de la beauté a pris le pas sur la personnalité.

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Be a Frida

Alors si je devais vous dire quelque chose de fondamental c’est d’arrêter de vous comparer. Arrêtez tout, arrêtez même les réseaux sociaux une semaine histoire de voir à quel point toutes ses règles physiques sont absurdes et que vous vous en sortez très bien sans ces photos. Parce que ce que tu vois en toi qui ne te plaît pas n’est pas ce que les autres voient de toi. Tu vas peut-être envier les jambes fines de cette fille mais peut être qu’elle, elle va baver sur tes formes parce qu’elles souffrent de troubles alimentaires. Il ne sert à rien d’envier une qualité physique d’une personne parce que peut être que toi tu la possède déjà sans t’en rendre compte ! Et peut-être même que c’est ce sur quoi la personne complexe ! Par exemple, prenons Frida Kahlo, plutôt atypique comme demoiselle avec son quasi mono sourcil ! Et bien même si le mono sourcil, autant chez les hommes que les femmes, n’est pas du tout attrayant, Frida Kahlo a ce petit quelque chose en plus, c’est indéniable. Donc stop le focus sur ce que tu n’as pas, soit fière de ton corps, tu n’en as qu’un et il t’appartient.

Je reprendrai donc la structure de Bourdieu pour parler de la société actuelle. Cette fois-ci, en plus de vivre dans une société structurée structurante, nous vivons aussi dans une société complexée complexante.

Embrace yourself