Playlist de la patate 🎉

Ok, écoute moi bien. On est officiellement en décembre ce qui signifie 3 choses :

  • Tu vas pouvoir enfin bouffer les chocolats de ton calendrier de l’avent que ta maman t’as achetée avec amour.
  • Tu vas rencontrer des membres insoupçonnés de ta famille pendant les fêtes
  • Tu vas pouvoir t’empiffrer en toute impunité morale (et ça c’est cool)
  • (bis) Cette liste tourne quand même beaucoup autour de la bouffe vous trouvez pas ?

Mais ce que tu ne réalises pas encore c’est que c’est un moment de bonheur intense le mois de décembre. Même si tu galères encore avec l’administration de la fac, que tu rencontres de (LÉGERS) problèmes sur un dossier pasque tu t’es mis avec des branleurs, que tu rattrapes des cours jusqu’au 22 décembre etc. Tout va bien car tout ça est bientôt ter-mi-né ! (pour recommencer dans quelques semaines). Oui oui, qui dit décembre dit fin du semestre (évite de penser aux partiels en janvier, tu vas niquer l’ambiance).

Comment ça t’as pas le moral ? Oui je sais bien, il fait un peu froid pour s’ambiancer. C’est cousi-cousa, un coup ça va, un coup tu veux pas sortir de ton lit si douillet. Tata a le remède pour toi ! Et après ça je suis sûre que ça va aller mieux. Voilà ce que je te propose, écoute ce que je t’ai concocté et si vraiment tu l’sens pas prend du magnésium, faudrait pas déconner.

1. The Kinks – All Day and All of the Night

Alors si ça, ça te chauffe pas un peu ?! Allez sors de ton lit, je t’en supplie ! Comment ça c’est un peu vieillot ? J’ai jamais dit que j’allais te sortir du son so 2016. Bon d’accord, je vais faire un effort pour la prochaine.

2. Indochine – 3ème sexe

Non je déconne, t’as vraiment cru qu’on allait sauter les étapes comme ça ? Allez remue-toi sur celle-là, je t’assure c’est pas has-been ! Comment peut-on résister à un groove pareil ? (rappel : plus jamais dire groove). Par contre les coupes mulets c’est no-way, je préfère le préciser au cas où certains d’entre-vous seraient tentés.

3. The Sonics – Have love will travel

Alors là aucune excuse ! Je veux que tout l’monde bouge ses fesses, qu’les fe… Ah non oubliez vous savez quoi. Faites ce qui vous chante tant que vous êtes entrain d’hurler seul(e) dans votre 20m² loi Carrez. Si vous tapez juste du pied vous êtes sur la bonne voie. No stress

4. Fleur East – Sax

Cette musique c’est un peu comme si tu mangeais un bonbon avec de la poudre acidulé dedans. Mais si tu vois desquels je parle ! Ceux qui ont une enveloppe style un ostie mais en fait c’est la mort à l’intérieur. Tellement la mort que tu verses une larmichette. Même le clip il est acide.

5. Naâman Ft. Cutty Ranks – Rebel for Life

On finit par une musique qui, je suis sûre, vous enivrera de son flow ou au moins vous fera rebondir sur les soucis. Elle peut faire office de « remonte moral », de « bonheur imminent » et bien évidemment de « Fichtre ! Que cette chanson me donne un coup de fouet ! On dirait mon café de 7h30 ». Si après ça t’es pas sur ton nuage pour la journée, franchement je saurai plus quoi faire de toi.

Voilà voilà c’était une petite playlist, j’espère de tout cœur qu’avec ça vous êtes parés pour passer le meilleur mois de décembre de votre vie et tous le reste de l’hiver !

PS : Et comme je suis quelqu’un de gentil et que c’est mon heure de bonté, je vous en glisse une petite 6ème.

6. The Jackson Five – Can You Feel It

PPS : En vrai te gave pas trop de chocolats après tu vas faire une crise de foie… Et n’oublie pas de mâcher les huîtres. Simple conseil d’ami.

Roi des montagnes

Ladakh, mon beau Ladakh.

Après plus de trois mois je me résous enfin à t’accorder ses lignes. C’est peut-être le recul qui me permet de te dédier cet article, je ne sais pas. Perdu dans l’immensité de l’Inde, tu échappes pourtant à toute sa cacophonie, à toutes ses odeurs que je me suis tant de fois imaginées. Je m’étais préparée tu sais. Je n’allais pas en Inde pour moi, tu étais bien à part, bien distinct. Et pourtant je ne m’étais pas imaginé un seul instant que tu serais en tout point différent du reste de ton pays.

Ladakh, les mots me manquent pour te décrire aujourd’hui. J’ai l’impression d’échouer, de faillir à ma tâche. Tu m’as tant apporté et j’échoue à te rendre la pareil. Mon vocabulaire me parait si pauvre. Aucune tournure de phrase n’arrive à te rendre ta grandeur. « Il faut le voir pour le croire », je n’ai que ça en tête, le « croire » ou plutôt le « comprendre », le vivre ; placer la bonne image mentale derrière les mots. Les mots, ces mots qui par leur définition même ne permettent pas la retranscription de ce que j’ai éprouvé. Comme l’a dit Bernard Verber : « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez en comprendre et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre ». Alors tu vois, j’ai juste l’impression de te causer du tort. Que cet article ne sera jamais assez parfait à mes yeux, qu’il ne suffira pas. Car parfois il vaut mieux se passer de mots.

Ladakh, ça va pas fort en ce moment. Tu m’avais permis de faire la paix avec moi-même, de me (re)trouver. Je n’arrive pas à savoir si tu as affirmé qui j’étais ou si tu m’as transformée à tout jamais. Car tu m’as tant appris ! Sur moi, sur les autres, sur la vie… Il est de ces endroits et de ces personnes qui te marquent à jamais. Il est de ces moments qui retournent tout ton être, qui sont gravées dans ta mémoire. Tu m’en as tant offert et je suis fière d’avoir su les saisir. Je me les repasse en boucle dans ma tête comme un vieux mantra qui réparerait les maux. Ladakh, mon roi des montagnes, j’ai tant à te dire. Au moment où j’écris ces lignes tu dois doucement t’endormir, lové dans un grand manteau blanc. Que j’aimerais être là pour t’admirer, te respirer, te sentir guérir à nouveau mon cœur, ma tête, mon âme. Ladakh, je te vois d’ici entrer en hibernation, délaissé et lassé de tes touristes et de tes guides reconvertis en vendeurs à la sauvette sur les plages indiennes bien au sud. J’entends encore les klaxons des bus TATA si mélodieux. Ils retentissent sur tes routes escarpées ! Je sens encore la poussière imprégner un peu plus mes vêtements, mes cheveux et ma peau à chaque seconde. Je vois encore les visages ridés et rieurs sur une peau tannée.

Ladakh, c’est par tous ces détails que tu m’as conquise. C’est par tes routes sinueuses à flanc de falaises, c’est par tes sommets suspendus entre ciel et terre, c’est par tes déserts de pierres aux mille-et-une couleurs. C’est par la générosité de tes habitants malgré la pauvreté évidente, c’est par ta sagesse et les situations hilarantes entre locaux et occidentaux. C’est par la folie des grandeurs de ta nature et la bienveillance d’un regard, que tu m’as eu. Ladakh, ton air montagnard vif me manque, tes couleurs indescriptibles et changeantes me manquent. Ta lumière qui caresse mes yeux, me manque. Tous tes paysages qui se muent à mesure que le soleil déverse plus ou moins doucement ses rayons, frappant la roche de tes montagnes scintillantes me manquent. Tes eaux limpides et miroitantes me manquent. C’est dur de ne plus t’admirer chaque jour.

Oh tu m’as tant appris. Je sais désormais que par la volonté, des projets peuvent se monter, que l’altruisme est la clé de tout. Que des touristes peuvent se croire aventuriers mais que n’est pas voyageur qui veut. Tu m’as appris qu’on ne cesse jamais d’apprendre. Ladakh, j’ai tant à dire sur toi. Je t’ai observé une dernière fois du hublot et quelque chose s’est effondré en moi, doucement. Quand je t’ai vu t’étirer sous moi, te réveiller avec le soleil déjà bien présent au petit matin. Quand je t’ai vu te pâmer de ces couleurs qui pendant un mois ne m’avaient pas quittées. Quand j’ai vu se déployer tes routes menant aux monastères déjà foulés par mes pieds. Oh quand j’ai vu tout cela j’ai senti au plus profond de moi qu’on m’arrachait à toi. J’ai perdu ou plutôt j’ai laissé un morceau de moi avec toi là-haut, si-haut. Je ne reviendrai pas le chercher, je ne viendrai que le retrouver.

Et même si c’est encore dur de grandir sans cette fraction de moi, je la sens qui vit avec toi. Je sens une partie de mon être qui bat avec toi et c’est la plus belle chose que je pouvais te donner contre tout ce que tu m’as apporté.

DCIM100MEDIA

Ces livres qui m’ont fait vivre

Parfois il suffit d’un simple livre pour te faire vibrer. Ce genre de livre qui te font oublier que tu ne fais pas partie de l’histoire, qu’elle ne t’est pas arrivée, que ce n’est qu’une fiction et qu’au fond ce que tu ressens n’est dû qu’à une mise en scène. Personnellement après la lecture de ce genre de livre je me sens seule, vidée de toute envie. Comme si je faisais le deuil d’un souvenir, d’un épisode de ma vie qui dorénavant appartient au passé. Un livre qui te fait vivre c’est avant tout quelque chose dans lequel tu te reconnais, dans lequel tu te réfugies, un échappatoire. C’est comme rentrer en apnée des premiers mots jusqu’aux derniers. Des mots qui soignent tes maux. On peut trouver refuge dans ce que le veux, dans ce que l’on cherche. Moi ma sous-pape de sécurité c’est le plus souvent la musique, je me noie dedans jusqu’à y perdre pied parfois. Et pourtant à chaque tournant de ma vie il y a eu un livre, à chaque moment noir où j’aurai aimé « faire taire le vacarme de mes idées noires » (FAUVE) ma béquille a été un livre. C’est pas tous les jours qu’on croise des livres qui laisse une telle emprunte sur ton âme, pour ma part je les compte sur les cinq doigts de ma main (non pas que je sois manchot).

A chaque livre son humeur. Je vais vous en présenter cinq totalement différents. Vous n’aurez que l’embarras du choix (YOUPIII) pour trouver l’épaule sur laquelle vous appuyer.

1. Les âmes vagabondes – Stephenie Meyer

Je commence évidemment par le plus connu (sûrement le plus commercial aussi) de façon à garder un peu de suspense pour la suite. Vous avez sûrement vu son adaptation au cinéma qui ne mérite pas que je m’y attarde… Enfin si je vais quand même en dire DEUX MOTS ! C’est un scandale tellement elle décrédibilise le livre. Voilà c’est tout que j’avais à dire merci de m’avoir lu A+ dans l’bus.

Non concrètement, ce livre est magique. Honnêtement, si vous cherchez à vous évader le temps de X PAGES, à rentrer dans un univers qui n’obéit pas aux lois humaines, vous avez fait le bon choix ! En gros ça se passe dans un futur plus ou moins proche dans lequel des extraterrestres (des petites larves fluorescentes) s’emparent des corps humains et tentent d’éradiquer toute humanité. Autant vous le dire tout de suite j’ai lu ce livre quand j’avais 10 ans probablement, soit il y a 8 ans. A l’heure actuelle les livres de science fiction c’est plus trop mon truc mais quand j’étais plus jeune c’était un bon moyen de mettre à profit mon imagination. Surtout que ce livre excelle dans les descriptions ; l’auteure a trouvé le juste milieu entre fournir des détails et s’en abstenir au bon moment, nous laissant le plaisir de nous imaginer l’ensemble. Je vous recommande vivement ce livre si vous avez envie de faire une pause avec la réalité, de vous plonger dans un autre monde. Entre suspense, histoire d’amour, d’amitié, tensions et guerre Stephenie Meyer nous offre un livre surprenant et bien plus mûr que Twilight (ce n’est que mon avis). Plus mûr car le sujet révèle les enjeux éthiques posés par la science de nos jours. Où se situe la frontière entre le bien et le mal ? Comment trouver le juste milieu ? Ce livre nous invite à nous questionner sur le monde dans lequel on souhaite vivre, sur ce que l’on veut privilégier.

Le petit coup de ♥ : Le rapport avec la nature mis en avant dans ce livre (descriptions qui font chavirer le cœur et l’esprit) et le récit des différents mondes qui existent par Vagabonde.

2. Lettre à mon ravisseur – Lucy Christopher

Livre publié par Gallimard dans la collection Scripto ce qui en dit en long. En effet, la plupart des livres que j’ai lu pendant ma (pré-)adolescence étaient des Scripto. C’est une collection qui répertorie des livres jeunesse dont les sujets sont pas les plus roses on va dire ! En fait, ils traitent de sujets assez graves ou importants et permettent de sensibiliser le jeune public à certains dangers, certaines situations contemporaines… Du moins c’est comme ça que je l’analyse. ANYWAY. J’ai lu ce livre quand je devais avoir 13 ans la première fois, peut être 14 je sais plus trop. En tout les cas il m’a énormément marqué, je l’ai relu il y a quelques années et il m’a fait le même effet (soit pleurer comme une madeleine après l’avoir terminé et vivre pendant 1 semaine avec un voile de tristesse autour du cœur et de l’esprit). En voici la couverture.

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Ce livre retrace l’histoire d’une jeune fille kidnappée et séquestrée dans le bush australien. Là encore les descriptions de paysages sont plus qu’évocatrices ! A elles seules elles peuvent te happer et te faire rêver pendant des années. Je signale quand même que depuis je prévois d’aller faire un trek dans le désert austère australien peuplé de bêtes peu sympathiques en tout genre ! Les paysages dépeints m’obsèdent et l’image que je m’en suis fait m’enveloppe comme une douce couverture dès que j’y pense. Malgré l’histoire sordide on finit par s’attacher au kidnappeur et c’est le point clé de ce livre. Au delà de traiter d’un kidnapping, il évoque le sujet bien plus complexe du syndrome de Stockholm. Vous ne savez pas ce que s’est ? C’est tout simplement un phénomène psychologique qui peut frapper certains otages après une longue période de détention leur faisant éprouver une empathie ou sympathie pour leur ravisseur.

Dès les premiers mots l’auteure nous harponne, j’ai directement accroché avec son style d’écriture, le déroulement des phrases, la musicalité de celles-ci quand elles faisaient écho dans ma tête. Ce livre recèle une vraie richesse, il invite à s’interroger sur les interactions et les liens qui unissent des personnes, sur notre rapport à la nature et évidemment sur ce qui est légitime ou pas.

Le coup de ♥ : La scène de peinture dans l’atelier sur le bush.

3. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

J’ai lu ce livre pendant l’été 2013 alors que j’étais au Vietnam et je me rappelle parfaitement avoir été bouleversée après en avoir terminée la lecture. Le fait que l’histoire soit racontée par une enfant, Scout la fille d’un avocat, nous aide à nous plonger dans le roman. Sous couvert de raconter les jeux des enfants et de narrer un procès sur une affaire douteuse, ce livre témoigne avant tout du racisme ambiant dans les années 30 pendant la Grand Dépression aux Etats-Unis. Entre corruption du système judiciaire, xénophobie et innocence de l’enfance, cette oeuvre retrace la complexité de la vie et des décisions pour chacun des protagonistes. Étudié dans bon nombre d’écoles américaines en tant que roman d’apprentissage, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur a reçu le prix Pulitzer en 61 juste un an après sa sortie. En plus de nous renseigner sociologiquement sur l’Amérique des années 30, c’est aussi un très bon roman pour comprendre la complexité de la psychologie humaine. Et en plus il en ont fait une adaptation ! Plus d’excuses !

Le coup de ♥ : Le personnage de Scout et de Boo.

4. Sauvage par nature – Sarah Marquis

Récit « autobiographie » de l’aventurière suisse Sarah Marquis sur son (TRES) long périple de la Sibérie à l’Australie, le tout à pied (ça t’en bouche un coin non ?). En tant que grande rêveuse et personne qui voue un amour infini aux voyages je ne pouvais qu’aimer ce livre. Déjà le principe m’a directement attirée : récit de VOYAGE, fait par une voyageuSE seule, le tout en ASIE et à PIED. C’est bien simple tous les ingrédients sont réunis pour en faire une pépite. Déjà elle se lance un sacré défi pasque ça fait une trotte de traverser l’Asie jusqu’à l’Australie à pied. Qui plus est seule… Je lui tire ma révérence et j’aimerai devenir comme elle plus tard. Réussir à voyager seule en tant que femme en Asie et à pied, je vous garantis que c’est pas une mince affaire (faut que je me calme avec les expressions toutes pourries) ! Qui plus est son trek se passe en Asie qui est, je peux le dire, le continent qui me fait le plus de l’œil (OK j’arrête promis !). J’ai eu la chance d’y aller deux fois. Et même si c’était des cultures et des pays totalement différents, il y a quelque chose en Asie qui nous fait nous sentir chez soi. Alors forcément j’étais particulièrement touchée de découvrir à mesure du livre d’autres contrées asiatiques où je rêve de mettre les pieds depuis (encore plus qu’avant). J’ai prêté ce bouquin à une amie très chère à moi, qui va partir en Mongolie et elle m’a dit que c’était vraiment un livre à lire (d’ailleurs rend le moi la prochaine fois mdr). Et ce livre ne pouvait que me plaire vu que son voyage se termine (SPOIL) dans le bush australien ;).

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C’est beaaaaau !!!

Le coup de ♥ : Le recul qu’elle a sur certains événements plus ou moins dangereux qu’elle a rencontrés et la connaissance des différents milieux et terrains où elle va marcher.

5. Martin Eden – Jack London

Comment pouvais-je ne pas parler de ce roman ? Comment ? Je vous avoue direct, j’ai eu envie de le lire grâce à la chanson Martin Eden de Nekfeu et le moins que je puisse dire c’est que je n’en suis pas déçue. Donc merci Nekfeu et surtout merci Jack London ! J’ai rarement lu un livre aussi aboutit, beau, emprunt de réalité et de poésie. J’ai été surprise par l’écriture de London qui m’a profondément touchée et bercée tellement les mots avaient une belle résonance, musicalité et aussi car certains passages étaient si philosophiques. Je me suis reconnu dans la manière de penser de martin et en même temps je n’étais pas d’accord avec lui. Et c’est cette ambivalence qui m’a fait me sentir proche de London ; car ce livre est décrit comme son chef d’oeuvre, celui dont le protagoniste contient le plus de similitudes avec l’auteur et aussi celui qu’il a toujours refusé de considérer comme son « autobiographie ». Evidemment qu’ils ont des points communs, on s’en rend compte de plus en plus au fil du roman et grâce à la préface (très réussie d’ailleurs ! ). Cependant London se distingue de Eden par sa foi en l’humanité. Et c’est pourquoi je me sens plus proche de London que de Martin Eden. Néanmoins ce roman est un chef d’oeuvre. Je sais j’emploie ce mot pour pas mal de choses au final. Mais croyez-moi, je mise tout sur ce livre. J’ai déjà hâte de me relire alors que je l’ai lu cet été !

Les coups de ♥ : La description de Ruth faite par Russ Brissenden avec tant de clairvoyance. La dernière phrase du roman qui me fera vibrer à vie.

Bon j’espère vous avoir convaincue de lire un de ces ouvrages, quant à moi je file voir un spectacle de danse ! Ce soir c’est Bouba Landrille Tchouda avec son spectacle Boomerang.

Gimme shelter

Ce qui va suivre est issu d’un travail en anglais où nous devions écrire une histoire à partir d’un événement historique. Comme j’ai pris énormément de plaisir à l’écrire je vous la partage en espérant que vous apprécierez ce changement de registre ! (je m’excuse par avance des fucking mistakes that I’ve made, je suis loin d’être bilingue et encore moins écrivaine !)

Enjoy

warishell
« La guerre c’est l’enfer »

Our shoes had been in the mud for too long. We were all fillthy, thin and pale. Any doctor would say « cadaver-like » instead of « pale » but noone wanted to be compared to a deathly-looking man, especially us. But above all else we were tired. Some were sleeping while they were leaning on a wall, at least what seem to be a wall. Others could not even close their eyes without thinking about corpse, blood and mud, it was indelibly printed in their minds.

We were stuck in a little town, at least what a town could look like in time of war. After three harsh days of walk in the Vietnamese jungle, suspecting any noise, this village appears to us from nowhere. We were 125 at the beginning, but after 3 months of war we were now only 20. Some had been killed by the enemy, others by the hunger and a few took as hostages. I could not imagine what they have been threw. We had also lost a part of the troop after an ambush by the second month.

The enemy was lively, we were weak, he knew how to live in the jungle, we only knew how to survive, he was patient, we couldn’t wait to get out this bloody hell. It was horrible, above all what we could even imagine. Noone will never tell you how nerve-racking war is. The majority of our group was 20 years old. We were irate against the government, they didn’t tell us in what trap we were enlisted, they only stole our youth in order to resolve an insolvent issue. I was remembering every speach the army told us, about how it was a honor to have us in their troops, how we would bring peace back in the country. At the moment it sounded well, they told us we embodied hope, a better futur and we believed what we heard. But now, all I thought was : « Bullshit ». We were nothing, just some puppet the government used to keep up appearances. We did not give a fuck of what the world governance could think, we only tried to save our lives from the bullet of the enemy. The moment of respite were rare but when we faced one we enjoyed it as much as we could. I remembered every of them, as insignificant as they were, it was at our scale, a moment of happiness. And it was in this little town somewhere lost in the vietnamese countryside that forgot the presence of the enemy. A simple song gave us more than a simple smile. I remembered, it all began with a whistling. One of us was looking at a picture of his girlfriend, behind it was written the first words of a Rolling Stone’s song. He was always keeping this picture in his jacket. Then he started whistling the melody. The song had been released few months before our leaving and it was an indispensable work. Every one knew the lyrics or at least the tune. It was the first step of one of the most beautiful moment we had there. The moon was raising up in the asian navy-blue sky. Some stars were about to shine, they just seemed to wait the ascension of the big luminous crescent moon. It was an otherworldly sight that the nature seemed to give us. We started to embrace our deformed shadow throwned on the walls. We had made a fire to protect us from the wild animals so we were not discreet at all.

Ode à la nuit

Je suis là, sur ma terrasse, assise sur une chaise trouvée dans la grange de chez ma grand-mère, une tisane à la main. Il est vingt et une heure et pourtant je me sens débarquée comme au beau milieu de la nuit dans la ville endormie. Mais rien ne dort. Ma rue crache un flot quasi continu de voitures que seule les feux entrecoupent. Rouge, le bitume se repose. Seul le bruit des moteurs me rattache au sol. Car ce soir je n’ai d’yeux que pour le ciel. La nuit laisse scintiller deux étoiles timides en face de moi. J’en devine pourtant une dizaine malgré la lumière des réverbères, loin là-haut. D’autres sont à venir, je le sais, ce n’est qu’un début. La Lune les enveloppe de son halo blanchâtre. Trois auréoles la dessinent jusqu’à s’évaporer laissant place au ciel pareil à de l’encre. La traînée mousseuse d’un avion vient compléter cette vision. Me parvenant des toits des maisons qui correspondent à mon horion, elle sillonne le ciel, le zébrant de son foulard blanc. Pas d’étoiles filantes ni de Voie Lactée pour ce soir mais plutôt des carrés de lumières d’où jaillissent des couleurs qui se succèdent à la vitesse de l’éclairs. Les cages d’escaliers clignotent étage par étage au gré des paliers habités. Parfois j’aimerais tout éteindre, tout. Des réverbères à nos appartements, jusqu’aux feux des voitures. Juste la lune comme seule ampoule, unique source de lumière. Malgré tout j’aime cette cacophonie que m’offre la ville, j’aime ce ciel d’un bleu qui tire vers le violet à mesure qu’il flirt avec l’orange des lampadaires. Ce ciel qui, violet aux horizons, s’étire jusqu’à se pâmer de son bleu originel au zénith.

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City by night

Silence ça tourne !

Non non je n’ai pas joué dans un film je vous arrête tout de suite, je reviens juste avec un article sur mes films préférés (c’est tout de suite moins intéressant hein). J’avoue que ce titre est un peu trop accrocheur pour ce qui va suivre… mais je trouvais que « Films que j’aime » ce n’était pas la folie non plus.

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Toujours motivés ?

 

Pour ceux qui sont déterminés à lire ces lignes, j’espère vous donner des idées en cas d’ennui soudain. Dernière chose avant qu’on se jette dans le bain, ce n’est que mes goûts personnels et en aucun cas je suis critique de cinéma.

C’est parti mon kiki !

  • The Grand Budapest Hotel réalisé par Wes Anderson. Comment ne pas en parler ? C’est l’histoire d’un jeune lobby boy engagé dans un prestigieux hôtel tenu pas Gustave H dans un pays tout droit sorti de l’imagination de Wes Anderson pendant l’entre-deux guerres. Le film est en un mot loufoque. Si vous connaissez un peu la filmographie de Wes Anderson vous avez sûrement remarqué son amour prononcé pour les couleurs, les décors irrationnels, les personnages à fortes personnalité, stéréotypés et excessifs. Je sais que ce genre de cinéma ne plaît pas à tout le monde mais personnalité j’adore le second degré avec lequel le film est abordé. Même dans les moments censés être tragiques il y aura toujours une pointe d’humour. C’est un peu comme le théâtre de l’absurde appliqué au cinéma. Et c’est exactement pour ça que j’adore ce film (et presque tous les films du même réalisateur). L’humour est absurde, ironique à souhait et poussé bien plus qu’au second degré. Il y a diverses interprétations, de nouveaux détails et références qui nous apparaissent comme par magie à chaque visionnage. The Grand Budapest Hotel c’est aussi un univers féerique qui te laisse dans un état second à la fin du film. A la fois ravie d’avoir pu t’évader pendant 1h40 et désemparée de quitter ce monde fantastique qui t’a réconcilié toi et ton imagination d’enfant. Dans ce film, c’est comme si Anderson nous invitait à pénétrer dans un monde fabuleux dont on devine les extravagances irrationnelles mais dans lequel on voudrait bien se perdre à jamais. Des costumes aux décors splendides en passant par la musique enfantine digne des comptines (quand même jouée par un orchestre la comptine hein !) et à l’atmosphère rosée du film tout est réunie pour qu’on en redemande, tout pantois, après le générique de fin. En un mot (je sais c’est la deuxième fois que je dis ça) ce film est beau. Ce n’est pas tant l’histoire en elle-même son principal atout mais la réalisation ; le cadrage des scènes, les couleurs, les lumières et tous les détails FONT le film. C’est pour ça que je le mets dans la catégorie chef d’œuvre en matière de réalisation (parce que j’aime la beauté).
    PS : J’avoue que quand même le casting c’est un peu le luxe.
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Si c’est pas beautiful ça ?

(Si l’envie vous prend de le regarder, faites-le en VOSTFR s’il vous plaît, sinon vous aller massacrer ce chef d’œuvre et perdre tout l’intérêt des répliques)

  • Dallas Buyers Club réalisé par Jean-Marc Vallée. On change clairement d’ambiance avec ce film, puisque déjà : c’est aux Etats-Unis en plein dans les 80’s et ensuite c’est un drame, youhouuu ! Je vous fais un rapide topo : un texan homophobe, macho, drogué et j’en passe (pour ne pas faire de généralités) qui se chope le virus du VIH (JACKPOT baby) en faisant pas trop trop attention. On lui dit qu’il lui reste trente jours à vivre (double JACKPOT) et lui il n’est pas trop d’accord donc il se rebelle et c’est l’histoire de cette rébellion. Dans ce film on a droit à des séquences émotions, des plans très beaux visuellement parlant, des dialogues qui te donnent des frissons et j’en passe. Matthew McConaughey et Jared Leto sont tout simplement magistraux dans ce film (c’est pour ça qu’ils ont raflé les Oscars en 2014). Ils incarnent leurs rôles à merveille et, petite anecdote, Matthew a perdu 20 kilos pour ce film. Et rien que pour ça mérite de regarder ce film. Sans vous mentir, j’ai rarement autant pleuré devant un film mis à part Les petits mouchoirs (en même temps ça se comprend non ?). Certaines scènes sont juste des pépites. On dit merci au scénariste d’avoir construit une si belle intrigue et au réal d’avoir réussi à sublimer les silences. Dallas Buyers Club c’est le genre de film dont tu ne ressors pas indemne. Ça te permet de réfléchir à ta condition, tes exigences, ta vie et c’est ça le but d’un film non ? Comment aurais-je agi si cela avait été mon histoire ?
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« I’ve got one… one life, right ? Mine. But I want someone else’s sometimes »

 

  • Mommy réalisé par Xavier Dolan. Non seulement je considère Dolan comme un Artiste avec un grand A mais je déclare solennellement associer Mommy à un chef d’œuvre au sens intégral de son terme. Je ne pouvais conclure cet article sur un autre film que celui-ci. Il représente tout bonnement le film qui m’a le plus touché au monde. Et je ne parle pas du genre de films qui te font pleurer parce que c’est triste mais plutôt de ceux qui te marquent à jamais. Pour commencer je vous invite vraiment à le regarder en VOSTFR (c’est en québécois et je vous conseille de mettre les sous titres parce que parfois tu ne captes pas franchement les expressions). Evidemment j’adore l’accent québécois donc de l’entendre ne m’a pas gêné loin de là mais je sais que certains y sont plus réticents donc bon faites comme vous le sentez. Concernant le film si je devais lui attribuer un adjectif là maintenant tout de suite ce serait humain. Dans ce film et dans tous ses films, Dolan s’évertue à mettre en lumière les comportements, les échanges sociaux qu’il a pu rencontrer ou sur lesquels il s’est renseigné. C’est donc l’histoire de Diane, veuve, qui récupère la garde de son fils Steve atteint de troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité. Ils vont faire la rencontre de Kyla, leur voisine enseignante. Je n’en dit pas plus sinon je risque de révéler beaucoup trop d’éléments ! Dit comme ça, ça ne paye pas de mine comme on dit, mais en réalité ce film arrive tellement bien à recréer les situations du réel. Il rend compte des difficultés de communication de Steve et de son entourage et en même temps les différentes situations auxquelles font face des individus dans leur vie. Tout ce que je pourrais dire ne décriera jamais assez bien ce que ce Xavier Dolan a créé avec ce film. C’est d’ailleurs ce film qui m’a initié à la filmographie de Dolan. Au fil de ses films et interviews j’ai pu remarquer l’importance de la musique dans ses œuvres. Dans Mommy la BO tient une place prépondérante, elle fait partie intégrante du film et sans elle il manquerait quelque chose. Les musiques sont soigneusement choisies et révèlent le caractère des scènes (tout autant que la mise en scène et la cadrage si particulier). C’est quand même grâce à Dolan qu’il m’arrive d’écouter du Céline Dion et du Dalida *on dit merci qui ?*. Pour couronner le tout, les acteurs ne pouvaient pas mieux incarner les personnages. Je n’en vois pas d’autres pour les rôles. Donc si je ne devais vous donner qu’un conseil ce serait : foncez le voir !!!
mommy
Mommy

Je vais m’arrêter là , un top 3 c’est déjà pas mal ! Sinon j’irais bien voir Juste la fin du monde de Xavier Dolan évidemment (qui d’autre ?) dès sa sortie et I hate love de Humberto Hinojosa Ozcariz (déjà sortit depuis 2014).

Amours musicaux

C’est l’été, il fait beau, il fait chaud c’est donc le moment de parler de ce que tu kiffes le plus après ton chat, j’ai nommé : tes favoris ! (bon en l’occurrence les miens vu que c’est mon blog na !)

On attaque sans plus tarder par la musique évidemment et y a du lourd croyez-moi.

  • Jain : comment vous dire… je l’ai vu en concert dans un festival et c’était DE LA FRAPPE INTERSIDÉRALE. Je sais je ne devrais pas écrire en majuscule parce que ça donne l’impression qu’on hurle mais je le fais quand même parce que j’aime beaucoup #thuglifechooseme. Pour vous contextualiser un peu le délire : 18 juillet, Carhaix, Bretagne, ciel bleu sans nuage que tu n’avais pas du tout prévu, chaleur et file d’attente pour rentrer dans le festoche (oué je parle comme une beauf). Après 50 minutes de super attente sous le soleil, rythmée par les « En avant Guingamp » des bretons, on pénètre enfin dans the place to be à moitié déshydratée et cramoisie. On se dirige vers la scène d’où nous revient une superbe énergie. Et là c’est tout simplement le feu. Déjà pas mal de festivaliers attroupés devant la scène, mais pas de quoi nous empêcher d’approcher assez près (si tu as déjà fait un festival tu sais combien c’est le parcours du combattant d’avancer sans se faire assassiner). Bref Jain est une bête de scène et j’ai découvert avec grand plaisir ses musiques.
Jain - Photo : Denoual Coatleven
« Si je reviens vous voulez bien me porter ? Même si je suis dans une bulle ? »

♥ Heads up (la chanson qui te met direct de bonne humeur) ♥ You can blame on me ♥ Makeba ♥ Hope

  • S-Crew : je ne vous ai pas encore parlé de mon amour pour ce groupe ni pour Nekfeu. Il était temps. Changement radical par rapport à Jain mais je ne pouvais décidément pas les laisser sur le banc de touche ! Si vous êtes déjà aller à un concert de Nekfeu, du moins pour le Feu Tour, vous avez sûrement remarqué qu’il n’est jamais seul sur scène. Bah moi je veux vous parler des gens qui l’accompagne, y en a beaucoup je sais mais je voue une affection particulière pour le S-Crew. Ils ont sorti leur deuxième album y a un mois et demi environ et c’est juste de la bombe. Evidemment faut aimer le rap sinon tu ne vas pas trop t’enjailler. Un album hyper travaillé, qui montre bien l’évolution par rapport au précédent de 2013. La première fois que j’ai vu Nekfeu, leur album n’était pas encore sorti. Mais la deuxième fois (toujours à ce même festival) on a pu avoir un avant-goût de la tournée de Destins liés (nom de l’album). Comment vous dire que j’étais aux anges… Surtout que pour venir en Bretagne de chez moi il faut 12 heures de route APPROXIMATIVEMENT. Du coup bien obligé de se repasser en boucle l’album pour s’occuper… hehe. Très difficile de faire un choix de mes préférées de l’album parce que je les aime toutes, elles ont toutes des passages qui me font vibrer et me transcendent mais quelques-unes sortent du lot pour ma part (parce qu’elles me mettent doublement dans un état second).
  • Petite sélection oklmzer : ♥ Bresson (le genre de chanson que tu aimes tellement que tu veux à la fois la garder pour toi à jamais et la partager au monde entier) ♥ Fausse note ♥ J’aurais pas dû ♥ Jusqu’au bout (déjà une de mes préférées sur l’album Feu) ♥ C’est pas un film ♥ Plus pareil… et j’en passe tellement ! Pour vous dire, mon réveil (oui je mets un réveil en vacances parfois) varie entre toutes les chansons de l’album.
Nkefeu
Post de Nekfeu sur boobook

Je vous ferais peut-être un jour une petite compile de mes paroles préférées du monde entier.

  • Feels like we only go backwards – Tame Impala. Le genre de musique que tu peux écouter dans une voiture le nez collé à la vitre en ayant l’impression d’être dans un film ou dans le clip (dites-moi que je ne suis pas la seule svp). Assez vintage au niveau de l’esthétique de la chanson. J’aime énormément, ça me donne l’impression que tout est plus coloré, plus réel, plus lent comme si les minutes s’écoulaient au ralenti. Ces musiques me donnent le sentiment de graver en mémoire des souvenirs comme s’ils étaient filmés (en même temps vous avez vu ce clip tout droit sorti d’un univers parallèle ?!!).
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Feels like we only go backwards – Tame Impala
  • Don’t let me down – The Chainsmokers. Bon ça c’est plus les chansons de l’été que j’écoute plus trop après. Juste j’adore le rythme, les consonances et comment la musique se déroule. C’est le genre de musique que j’ai envie de chanter à tue-tête (dans la même veine que Homeless de Marina Kaye même si je chante hyper mal je ne peux pas me retenir de chanter le refrain dès que je l’entends et ça crée des situations gênantes pour moi comme pour mon entourage).
  • La Ballade du Frémont – Nekfeu feat Doums. Je ne vous fais pas un dessin quand même ? Je n’ai jamais entendu une musique qui me repose autant que celle-ci, même à 80 ans je l’écouterai encore, je vous jure les gars ! Il y a tout, un pur mélange entre : rythme posé, son qui te met en transe, voix qui te transportent, texte qui raconte une histoire. Bwef jlm alvalm (#kikoo).

Bon c’était la musique, un de ces 4 je ferai un petit update et je parlerai d’autres choses aussi, parce que y a pas que ça qui me tient à cœur (loin de là).

La bisette.

Les Dilemmiens

Tout à l’heure, alors que je me reposais dans mon canapé après avoir fait un grand ménage dans ma chambre (tu sais, quand tu te décides enfin à jeter ce qui ne te sers plus mais que tu gardais quand même « en souvenir ») je suis tombée sur un livre consacré à l’œuvre de Caravage. J’ai été littéralement fasciné par la couverture qui n’était autre que ce tableau représentant Judith et Holopherne. Bon, en réalité il n’y a que le visage de Judith sur le livre (tout de suite moins morbide sans la décapitation).

Caravage
Judith et Holopherne – Caravage 

Des couleurs à l’ambiance qui se dégage de ce portrait en passant par l’expression du visage et du jeu d’ombre et de lumière (#tropdarklemec), tout m’a semblé réel. Il faut dire que Caravage est genre le big boss en matière de réalisme. Et c’est en contemplant ce portrait que je me suis demandée comment un artiste pourrait nous peindre, nous la jeunesse actuelle. Ce qui m’intéresse ce n’est pas comment un artiste contemporain pourrait nous/me/te représenter mais plutôt comment quelqu’un d’extérieur à notre époque, d’objectif, représenterait ce qu’il voit ; qu’est-ce que Caravage ferait ressortir d’un visage de la génération Y (puisque c’est la nôtre). Comment pourrions-nous nous définir par un tableau ?

Si Caravage avait été, là, à me peindre, par exemple, j’aurais sûrement été gênée, si ce n’est dans une position d’extrême embarras. Je me serais mordu l’intérieur des joues comme à chaque fois que je réfléchis ou que je suis anxieuse. La nervosité accompagne pas mal d’adolescents et de jeunes adultes de nos jours, je me trompe ? Par exemple, j’ai peur de ne pas d’arriver à tout gérer alors que mon entourage à l’air de si bien s’en sortir. Cela parait tellement simple pour les autres, s’en est décourageant. Pourtant, j’ai l’impression que c’est le même sentiment pour beaucoup de jeunes. La peur de l’échec est pas mal présente dans les esprits de notre génération. Je préfère rester dans l’anonymat, plutôt que de me faire remarquer. Parce que oui ça aussi ça me semble assez caractéristique de notre génération, le regard d’autrui compte beaucoup trop. Ceci nous amène évidemment au problème de confiance en soi qui touche la plupart des gens. Du moins, j’en ai l’impression. Voyez, je n’ai toujours rien dit à mes amis concernant ce blog. Pourquoi ? J’ai peur de leur regard, qu’ils se foutent de moi et que ça leur paraisse ridicule. Parce que ça me paraît ridicule la plupart du temps à moi aussi et pourtant je continue quand même. Je ne me vois pas comme le porte-parole de ma génération, non loin de là ! J’ai juste le sentiment d’être à la fois la seule à me poser autant de questions et en même temps comme tout ceux de ma génération. C’est pour ça que j’en parle ici.

Finalement je suis un peu comme Caravage, une adepte du clair-obscur. Bipolaire sur les bords, en ce qui me concerne, je n’arrive pas à m’entendre avec moi-même. Ce n’est pas que je change d’opinion comme de chemise mais plutôt que j’en ai deux divergentes qui coexistent en moi. Problématique, n’est-ce pas ? Cela vient peut-être du fait que notre génération se construit pendant une période de crise et à la fois de révolution. D’où le fait qu’on soit des oxymores ambulants. Crise économique, de l’enseignement, révolution des technologies, de la science… On évolue dans une atmosphère où deux principes antagonistes coexistent. Je nous vois comme des petits puzzles qui essaient de se construire avec des pièces falsifiées et qui petits à petits trouvent des combinaisons un peu farfelues qui ne s’accordent pas toutes entre elles.

Apparemment c’est assez difficile de nommer notre génération, du coup ils ont trouvé une lettre : Y… ça veut rien dire franchement ! Selon moi c’est bien plus simple : nous sommes des dilemmiens. Un être remplie de dilemmes.

Manuel de recherche de logement (étudiant)

Depuis quelques semaines je recherche activement un appartement pour l’année prochaine. Habiter chez sa mère c’est bien, mais quand tu as 45 minutes de trajet pour aller à la fac avec 3000 correspondances, que tu es excentré et que sortir le soir c’est déjà prévoir l’heure à laquelle il faut rentrer (on aime les 30 minutes de transport vers le centre-ville en début de soirée qui se transforment en une heure pour rentrer chez toi dès 23h30). Tout ça, ça va deux minutes. Après maintes recherches j’ai toujours pas trouvé le studio escompté et pourtant je commence à devenir une experte dans ce domaine (en même temps vu les heures que tu y passes ma vieille !). Du coup, comme je jouis d’une journée de répit où je n’ai pas à vagabonder aux quatre coins de la ville pour effectuer 30 visites en un temps record, je me suis dit que ce serait sympa de vous faire part de certaines astuces, certains conseils sur la démarche idéale à suivre pour ne pas devenir le « touriste du logement ».

  1. La sélection du secteur.

C’est un peu le B.A.-BA de la recherche d’appartement, mais il faut bien sélectionner les quartiers/arrondissements dans lesquels vous souhaiteriez vivre. Evidemment certains critères rentrent en compte : proximité des transports et des commerces. Après je vous rappelle que les arrondissements sont grands et pas tous très bien desservis. Par exemple, à titre personnel j’en ai choisis trois. Sauf que pour chacun il y a des endroits que je ne veux pas. Soit ils sont trop loin du centre-ville, soit du doit marcher 15 minutes pour trouver la première boulangerie du coin ou encore tu te retrouves à 20 minutes à pied du premier tram. Parce que oui quitte à « chercher le mouton à 5 pattes » (comme me l’a dit un agent immobilier) autant le faire à fond. Donc un conseil ne désespérez pas, vous allez trouver.

  1. Le nombre de m² ou la surface si tu préfères.

Ouais j’avoue ça aurait pu figurer en 1. mais il faut savoir choisir ses priorités ! Parce qu’il y a des appartements de partout, et surtout dans ton secteur, tu ne dois pas pour autant te prendre un 17 m² si tu comptes y installer ton lit deux places king size, ton canapé de 3 mètres et ton bureau d’architecte ! Je ne vous dis pas de prévoir grand en mode « YOLO je me prends un 40 m² comme ça je suis sûr que tout rentre ! ». Juste il faut savoir ce qu’on recherche. Tu préfères un chez toi avec clic-clac pour pas prendre trop de place ou quelque chose de plus grand où tu pourrais caser un lit deux places et un coin TV. Dans ce cas-là un 30 m² suffit LARGEMENT. Je ne te cache pas non plus que c’est après plusieurs visites que tu vas vraiment comprendre ce que tu veux (enfin surtout ce que tu ne veux pas !). N’oublie pas non plus que tu vas probablement vivre seul(e) donc rien ne sert d’avoir un 36m² si tu n’exploite pas toute la surface (en plus le soir ça fait un peu flipper si c’est vide).

  1. Les appartements ce n’est pas comme le vin, ça ne se bonifie pas avec l’âge.

A part si tu es féru des années 80, du carrelage en mosaïque noir et blanc, des salles de bains de ta grand-mère et des tapisseries à fleurs, les vieux appartements pas rénovés ce n’est pas toujours très chic. Ni rassurant (surtout si tu vois la peinture de plafond qui s’effrite autour d’une auréole verte #moisissure). Il faut aussi faire la distinction entre les vieux appartements et les faux vieux appartements. La deuxième catégorie c’est les pires. A partir des années 60 on peut dire que ça se gâte, les immeubles restent au goût de l’époque, du moins la décoration à l’intérieur pour sûr. Pour ce qui est de l’avant 60’s, ils ont un réel charme. Qui sait, un jour les « after 60’s » deviendront les stars, on s’arrachera les appartements au lino douteux et à la faïence marronnasse comme des petits pains ! Je ne dis pas que c’est pas joli ce petit côté kitch mais faut avoir les moyens de le décorer dans les mêmes tons, et en tant qu’étudiant tu passes pas toutes tes économies là-dedans.

  1. Le budget, le flouze, l’oseille quoi.

Je sais vous pensez sûrement « mais pourquoi ce n’est pas en 1., c’est quand même le plus important non ? ». Figurez-vous qu’après tant de recherches infructueuses, j’ai revu mon budget à la hausse. Pourquoi ça ? Tout simplement parce que un loyer se compose d’un loyer (normal quoi) et de charges. Et j’ai rapidement compris que cette deuxième partie pouvait être modulable. Le plus souvent ce sont des charges locatives : gardien, entretien des parties communes, ascenseur, ramassage des poubelles… Mais parfois tu trouves des petites pépites en plus de tout ça, genre : eau froide et chauffage inclus… Evidemment ce n’est pas le même ordre de prix, pour les charges locatives c’est souvent 25€ (tout dépend des villes aussi) et pour les charges style « jackpot c’est le gros lot ! » c’est plus de l’ordre de 80€ minimum. Alors, bien sûr, quand tu comprends ça tu peux augmenter le budget (sachant que du coup tu payes que l’électricité en plus). Le tout est de faire attention si une annonce affiche un loyer hors charges (HC) ou charges comprises (CC) et de voir si qui est compris dans les charges.

Avec tout ça je pense que les futurs bacheliers (c’est dans la poche c’est sûr !) ont de quoi se tirer un peu les cheveux. Je vous épargne les questions d’ordre pratique de l’appartement (rangements, meublé /VS/ non meublé, orientation, double vitrage, catégorie d’énergie…). Ne désespérez pas si un appartement vous passe sous le nez, Rome ne s’est pas faite en jour comme on dit (complètement rien à voir).

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#J’aimelavieetlesdéménagements par Stéphane Plaza

Sur cette magnifique illustration de « J’aime la vie », je vous souhaite bon courage pour vos recherches, moi je retourne zoner sur Le Bon Coin, aka mon nouveau site de prédilection.

Desperate House seeker